Vivian Maier, photographe américaine née en 1926 à New York et décédée à Chicago en avril 2009 dans l'anonymat le plus total, avait réalisé, en trente ans, une œuvre imposante de plus de 120,000 prises de vue... qu'elle n'a montrée à personne. Pendant toutes ces années, Maier n'a jamais revendiqué le statut de photographe professionnelle. Malgré les encouragements de son entourage, elle s'est refermée comme une huitre dans sa solitude. Un jour, un certain John Maloof, jeune historien et collectionneur, acquit, lors d'une recherche sur un quartier historique de Chicago, un lot considérable d'épreuves, de négatifs et de diapositives (dont une grande partie non développés) ainsi que des films super-8 d’un auteur inconnu et énigmatique, le tout pour 380 $. En numérisant les négatifs, il découvrit que ces photos étaient du même acabit que celles des figures majeures du Street Photography américain, comme Lisette Model, Helen Levitt, ou encore Diane Arbus, Joel Meyerowitz et Garry Winogrand. Un premier contact avec l’oeuvre révélait un regard, une poésie et un humanisme hors du commun. Notre collectionneur apprit plus tard que ce mystérieux artiste s'appelait Vivian Maier, et que cette dernière gagnait sa vie comme gouvernante d'enfants, mais employait ses heures de loisirs à photographier les rues de New York et de Chicago. Maloof, aidé par la Howard Greenberg Gallery de New York, organisa des expositions de l'œuvre de Vivian Maier dans plusieurs pays, et partout, l'intensité de ses images provoqua la perplexité quant aux motivations intimes de l’artiste : pourquoi ne pas avoir publié ces photos de son vivant ? Pourquoi n'avait-elle jamais revendiqué sa place en tant que photographe ?

Aujourd'hui, à l'époque de l'Internet, des courriels, des téléphones intelligents et des SMS, la planète devrait être comme un petit village où tout le monde est conscient de l'existence d'autrui. Et pourtant, ce n'est pas le cas. Nous vivons de plus en plus isolés dans nos bulles, avec nos téléphones, parmi nos centaines d' « amis » Facebook. Nous ne communiquons plus, nous échangeons de moins en moins avec des êtres de chair et de sang, les textos ont remplacé nos voix...

Ma belle-sœur Anne ne s'est mise à la photographie qu'en 2008, mais ses images sont loin d'être des balbutiements de débutante. Au contraire, ses espaces, opposant la petitesse de l'homme à la grandeur de l'infini, démontrent à coup sûr l'influence des grands peintres chinois tels que Lin Fengmian, Wu Guanzhong et Zhao Wuji. Ses images sont sublimes et riches de poésie. Chacune représente une pensée singulière, un état d'âme particulier qu'elle veut à tout prix partager avec ses semblables. À l'opposé de Vivian Maier, Anne Lam ne se cache pas. Elle ne veut pas s'isoler, elle veut toucher nos sensibilités et nous faire partager ses émotions, joyeuses ou tristes. Elle veut parler aux gens de vive voix... Bref, elle veut « communiquer »!

Philip Lim

 
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